Tête-à-tête avec Sandrine Chabrerie, Responsable RSE, Foyer

Développement durable, Green IT et intelligence artificielle

Lors du salon Nexus 2050, Laurent Beaurepaire a partagé avec Sandrine Chabrerie sa vision de l’intelligence artificielle, ses initiatives en Green IT ainsi que ses engagements en faveur du développement durable.

Laurent Beaurepaire (L.B) – 🌱 Qu’est ce qui a éveillé ton intérêt pour le développement durable ?

Sandrine Chabrerie (SC) – Ce que j’aime, c’est la transversalité du sujet : on touche à l’environnement, au social, et à l’économie. Et puis, il y a cette conscience qu’on doit intégrer la durabilité dans nos activités quotidiennes. Je dirais que « l’opportunité » de rejoindre le groupe Foyer vient de l’envie de voir la durabilité s’inscrire dans les activités du Groupe. Avoir de l’impact positif dans une société comme Foyer, c’est une grande chance.

« J’avais vraiment envie d’apporter du changement. »

L.B – Quelle est ta perception de la prise de conscience collective autour du développement durable ?🔍

S.C – Maintenant que je suis dans le sujet, j’ai le sentiment qu’il y a un réel éveil. Peut-être que je suis influencée par mes réseaux sociaux, mais j’entends beaucoup parler d’environnement, de climat, etc.

Par exemple, la fresque du climat a été réalisée par plus d’un million de personnes en France, ce qui est un vrai succès. Donc il y a une prise de conscience, mais la mise en application est plus délicate. Pourtant, beaucoup de choses sont déjà faites, mais on ne s’en rend pas toujours compte.

L.B – Et toi, à ton échelle personnelle et professionnelle, quelles actions mets-tu en place ?

S.C – Dans mon quotidien, j’ai réduit fortement l’utilisation du plastique. Pas totalement, mais j’ai changé mes habitudes dans la cuisine, la salle de bain, l’alimentation. Par exemple, j’utilise moins de bouteilles en plastique. Ce sont d’abord des motivations de santé, mais c’est aussi bon pour la planète.

Et puis je viens au travail à vélo électrique. Ce n’est pas que pour l’effort physique, mais aussi parce que je traverse une forêt, c’est très ressourçant. Ça me donne de l’énergie.

L.B – 🚀Quelles seraient les trois actions prioritaires à mettre en place selon toi ?

S.C – Selon moi :

  • Faire la fresque du climat 🌍 ou celle du numérique. On apprend concrètement les conséquences environnementales de nos usages. 
  • Faire son propre bilan carbone personnel 💨, par exemple sur le site nosgestesclimat.fr. C’est révélateur. Moi, je ne me rendais pas compte de l’impact de ma consommation de café.
  • Passer à l’action 💪 réduire le plastique, favoriser les transports en commun, changer un peu ses habitudes. 

L.B – Est-ce que tu as une idée de l’impact du numérique sur l’environnement ? 🍃

S.C – Les chiffres varient entre 2,5 % et 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais il n’y a pas que le carbone : il y a aussi l’eau, les ressources naturelles, les terres rares, etc. On va chercher de l’or à des kilomètres de profondeur pour des matériaux de mauvaise qualité. C’est absurde.

« Le numérique, c’est aussi l’effet rebond : on numérise pour optimiser, mais on consomme plus. »

L.B – 🔥 Quels risques identifies tu avec l’IA ?

S.C – La donnée ! Est-ce qu’elle est sécurisée ? Qu’est-ce qu’on en fait ? L’IA permet une personnalisation très fine, mais cela suppose une collecte massive de données. Il y a un vrai risque de perte de contrôle. Et puis il y a l’aspect environnemental : plus on optimise, plus on utilise, donc plus on pollue. Il faut que ce soit encadré.

 

L.B – Et les bénéfices possibles de l’IA ?💡

S.C – Il y a plein d’opportunités :

  • La mobilité 🚗, par exemple : si une IA peut combiner train, covoiturage, vélo, bus en temps réel, afin de favoriser davantage le partage des moyens de transport, ça changerait beaucoup de choses.
  • Pour l’agriculture 🌾: ajuster l’arrosage selon le besoin exact de chaque plante.
  • Créer des systèmes connectés, basés sur le partage 🤝. Par exemple, un système de partage d’objets entre voisins, comme les outils de bricolage qu’on utilise rarement.

 

L.B – 🔄 A l’échelle de ton organisation, avez-vous mis en place des actions ?

S.C – On a fait trois bilans carbone, en affinant à chaque fois les données et les facteurs de conversion. Cela nous aide à comprendre où agir. L’idéal serait un tableau de bord qui montre l’impact CO2 de chaque action en temps réel. Et ça ne concerne pas que nos opérations internes, mais aussi les fournisseurs, la mobilité des employés, les distributeurs, les investissements.

Mais je souhaiterais aussi instaurer 🎯 :

  • Un compteur de l’impact numérique en interne : serveurs, data, usage des ordinateurs, etc. 
  • Un réflexe à chaque nouveau projet : quel impact, et comment le réduire ?

 

L.B – Et enfin, quelle est la maturité de Foyer sur le numérique responsable ?♻️

S.C – On débute, mais on a déjà pas mal avancé. Par exemple, on a optimisé les impressions, utilisé du papier recyclé. On travaille ensemble pour aller plus loin. L’objectif serait que dès la conception d’un outil ou d’une page web, on connaisse son impact. C’est ambitieux, mais nécessaire.